Pourquoi la sophrologie dans ma pratique d’art-thérapeute?

Durant ma formation d’art-thérapeute, je suis un module de spécialisation intitulé yogart-thérapie, animé par Colette Larcanché. J’y découvre une pratique du yoga accessible, décomplexante et surtout le yoga nidra, le yoga du sommeil, que j’expérimente lors de la formation. Dans « Yoga Nidra, une technique de transformation », Swami Satyananda Saraswati nous explique que yoga nidra est « une technique qui donne le moyen puissant de se relaxer consciemment ». Il insiste sur l’importance d’être conscient, il parle d ’ « état de sommeil dynamique » (p ,2015)

Il s’agit donc d’une méthode de relaxation profonde, pratiquée en position allongée. Cela va permettre un lâcher prise rapide.

En tant qu’art-thérapeute, je suis garante de cet espace de sécurité et de confiance pour inviter à un relâchement total.

Allongé sur le dos, sur un tapis, on commence la séance en plaçant et déplaçant son attention dans plusieurs endroits du corps. C’est ce qui est appelé la rotation de conscience. Cette première étape entraine une profonde détente et encourage la personne à prêter attention aux sensations de son corps, sans jugement et avec bienveillance. Vient ensuite une visualisation, courte ou plus longue, avec juste des images ou alors un scénario plus ou moins élaboré, qui m’apparaît comme une véritable invitation à l’imaginaire.

Je vais être très marquée par ce module, en être enrichie, et pourtant, j’ai encore du mal à faire le lien avec l’art-thérapie, des protocoles pluriexpressionnels intégrant le yoga. Pour ma période de stage pro, lors de ma formation, je choisis d’exercer dans un CSAPA, un centre de soin et de prévention en addictologie. Pour ce public particulier, je crée et imagine des protocoles autour de la relaxation en yoga associée à une pratique artistique. Je m’approprie ainsi ces outils et façonne ma pratique d’art-thérapeute.

Dans un premier temps, je réalise des séances avec quelques asana*, un yoga nidra* puis une proposition artistique. C’est un premier pas pour moi. Je souhaite une vraie continuité dans la séance, une proposition artistique qui réponde à la pratique en yoga.

Plus tard, suite à la demande des patients, à mon intérêt pour les bénéfices du yoga nidra* dans la prise en charge art thérapeutique, en concertation avec la responsable du CSAPA, et Colette Larcanché, directrice de Puzzle, je mets en place des séances plus longues et plus abouties.

Parfois, des collègues demandent à assister aux séances groupales pour mieux comprendre ma démarche. Une stagiaire en psychologie, après avoir participé à un yoga nidra, me parle de sophrologie, elle a suivi une formation et trouve des similitudes entre nos deux pratiques. Cela m’amène à me renseigner sur la sophrologie, élaborée par un neuropsychiatre d’origine colombienne, le Pr Alfonso Caycedo, dans les années 1960.   

C’est une méthode corporelle de relaxation et d’accompagnement inspirée entre autres du yoga et de l’hypnose. Son approche se veut à la fois pédagogique et thérapeutique, et rend le patient acteur du soin.

En combinant des exercices de respiration et de décontraction du corps à des visualisation positives, le but est d’atteindre un état de conscience intermédiaire entre sommeil et éveil.

Cela va permettre une prise de recul, un abaissement du stress et un lâcher-prise. La personne devient actrice de sa prise en charge en étant encouragée à refaire ces exercices en autonomie régulièrement pour accroitre le bénéfice.

Un concept de la sophrologie me parle en particulier, la sophro-présence du positif ou également sophro-présence immédiate, c’est-à-dire que la personne va mobiliser un élément positif réel, vécu ou imagée et y projeter des sensations agréables associées dans tout ou partie du corps. Cette technique est conseillée en sophrologie dans la recherche du bien-être et répond tout à fait aux attentes des participants à mes séances. Je décide de proposer aux personnes participant à l’atelier de réaliser un grigri, qui s’inspire directement de l’objet transitionnel de Winnicott. Cela va leur permette de se raccrocher au bien-être ressenti pendant la séance. Pour cette raison je déroge au cadre habituel de l’art-thérapie qui fait que je garde les productions d’un patient et ne les lui remets qu’en fin de prise en charge. Il serait illogique de conserver ces œuvres destinées à être un soutien entre deux séances.

C’est ainsi que je décide, à la suite de ma formation d’art-thérapeute, de me lancer dans une formation pour devenir sophrologue, qui serait un outil de plus à intégrer à ma pratique d’art-thérapeute. En effet, les visualisations du yoga nidra ou de la sophronisation permettent au patient non seulement de s’évader, se détendre, mais également de relancer le processus d’imagination quand celui ci vient à faire défaut.

Publié par poiesisarttherapie

Qui suis-je ? Aurélie NOE, art-thérapeute pluriexpressionnelle certifiée, formée chez PUZZLE, l’Association Régionale d’Art-Thérapie du Nord-Pas-De-Calais, de 2017 à 2019. Après plus de 10 ans à animer un atelier de loisirs créatifs auprès de publics variés, j’ai choisi de m’orienter vers le soin tout en l’associant à ma passion pour l’art sous toutes ses formes. Je suis également Sophrologue certifiée, formée en 2021 à l’Ecole Française Supérieure de Sophrologie. Je me déplace à domicile dans la métropole Lilloise pour proposer un suivi individuel aux personnes en situation de fragilité. J’interviens également dans les établissements médico-sociaux , les associations,… pour des accompagnements individuels ou en groupe.

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